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Bandeau Canada, Septembre 1998

Montréal - Chicoutimi

06 septembre 1998

Il est 6h00 du matin, et je me suis réveillé, sans espoir de me rendormir. Je crois que la journée va être longue. Angoisse du jour: la réservation de la voiture a-t-elle été correctement faite? Sinon, à cette heure, Montréal n'est pas très animée... Il faut dire que nous somme dimanche. On dirait qu'il va faire un temps superbe! Quelques minutes après avoir pris livraison de la voiture et s'être «familiarisés» avec la boite automatique, nous prenons prudemment la route. Heureusement que j'ai mon copilote préféré! La route est peu encombrée, surtout après Trois rivières. Les limitations de vitesse sont pénibles, avec tous ces chevaux sous le capot de notre Ford Contour 24V. Cela dit, climatisation + boite auto + régulateur de vitesse, c'est le pied, une fois qu'on en a maîtrisé le fonctionnement.

Les gens du pays que nous avons rencontré jusqu'ici sont vraiment très accueillants : à l'office de tourisme (cf infos liens), à Montréal, juste avant de partir, un charmant Québécois nous a refilé toute la documentation pour notre séjour, en plaisantant sur les différences de langage entre la France et le Québec: par exemple, nous lui avons dit que nous souhaitions être hébergés chez l'habitant. Celui-ci, en riant, nous a répondu qu'un habitant, chez eux, c'est un paysan, un plouc, quoi, et qu'il valait mieux ne pas employer ce mot... Il nous propose deux itinéraires pour rejoindre Chicoutimi: l'un, plus court, passe par le Parc des Laurentides(route 175): c'est relativement monotone, nous dit-il. En revanche, en passant par la route 155, c'est plus joli: c'est celui que nous choisissons, malgré les kilomètres en plus et nous ne le regrettons pas: à partir de Trois Rivières, nous quittons l'autoroute pour longer la rivièreMaurice, et c'est vraiment chouette!! Surtout, qu'à 90 km/h maximum, avec des routes larges, et pas trop sinueuses, j'ai le temps d'apprécier le paysage. Des arbres, des milliers d'arbres, et de l'eau, que d'eau, de l'eau partout !!

Finalement, après nous être arrêtés devant l'immensité du lac Saint Jean, nous arrivons à Chicoutimi vers 18h30, chez nos hôtes pour la semaine à venir, Lise et Emmanuel. Lise nous accueille, avec le petit Guillaume. Emmanuel n'est pas ici. Il est en randonnée pour deux jours. Elle nous fait visiter leur "vieille" maison de 140 ans, toute boisée... Elle a été entièrement démontée, puis déplacée et remontée à l'endroit ou elle se trouve actuellement. La rivière Chicoutimi passe en contre bas de la maison. Elle nous parle des terribles inondations de juillet 1996, du déluge de 72 heures, et des ravages de cette catastrophe, dont on peut encore voir des traces. Après avoir bu une bière locale, nous nous installons autour de la table, et Lise nous propose de découvrir la tourtière, un plat local très consistant... ça commence très bien!! La tourtière est composée de plusieurs viandes, coupée en petits morceaux, avec des patates, le tout enveloppé dans de la pâte. C'est plutôt un plat d'hiver, mais c'est vraiment trop bon! Ensuite, c'est le dessert, à base de fromage, de lait et de pêche. Tout au long du repas, nous faisons plus ample connaissance, et Lise nous parle de sa belle région...

Chicoutimi - Cap Eternité - Chicoutimi

7 septembre 1998

Temps légèrement couvert. Après un petit déjeuner traditionnel (croissants, jus d'orange, thé, café et «rôties» c'est à dire des toasts), nous prenons la route pour Rivière Eternité, sur les conseils de Lise, pour faire une petite randonnée et voir ce fameux fjord du Saguenay. Nous nous engageons donc sur un chemin à travers la forêt, en direction de la statue «Notre Dame du Saguenay». Nous rencontrons très vite des écureuils, qui semblent aussi nombreux ici que chez nous les pigeons... J'essaie tant bien que mal d'en prendre quelques uns en photo... mais ils sont trop rapides. Le chemin est très aménagé: nous trouvons de nombreux escaliers en bois sur le chemin. Et il y a un peu de monde. Et pas que des touristes... Il faut dire que c'est la fête du travail, en ce lundi.

La vue sur le fjord du Saguenay est vraiment magnifique: c'est vraiment impressionnant. La statue, haute de 8 mètres et qui pèse 3 tonnes est imposante. A cet endroit, la falaise tombe à pic, sur 350 mètres avant d'atteindre l'eau. Ensuite, il faut encore 350 mètres avant d'atteindre le fond... Après un repas léger, nous repartons dans l'autre sens, et nous nous arrêtons un moment à l'arrêt Bellevue. Comme ce nom l'indique, la vue est magnifique... Nous rentrons lentement, en passant par La Baie, une ville que l'on voit de très loin, à cause de son usine à papier.

Quelque peu épuisés par cette première journée en plein air, nous arrivons à Chicoutimi, chez nos hôtes, où nous faisons enfin la connaissance d'Emmanuel. Grand gaillard, pas très épais, les cheveux grisonnants, il a un peu l'accent du sud. L'entendre parler québécois, c'est marrant. Tout comme Lise, il est très chaleureux. Nous parlons devant une bière, puis, devant un repas pantagruélique, nous parlons du Québec et la France, des habitudes de vie québécoises. Emmanuel, visiblement passionné par l'histoire de la région et de la belle province, nous décrit comment les premiers arrivants vivaient... Avant d'aller nous coucher, (il est à peine 22h30), ils nous montrent une série télévisée «La petite vie», qui fait un malheur dans les foyers québécois: il s'agit en fait d'une caricature des québécois du «bon peuple». Après cet excellent repas arrosé de quelque bon vin, et une journée de marche, la concentration est difficile, d'autant plus que les personnages parlent le québécois à une vitesse terrible. Emmanuel et Lise essaient de nous traduire au fur et à mesure :-). Nous ne tardons pas à nous endormir, une fois dans notre lit douillet...