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L'Esperou - Cap de Côte
Lundi 4 mai 1998
Sous un vent à décorner les boeufs, et un ciel quelque peu nuageux,
nous quittons L'Esperou en suivant les indications du garde forestier,
sans toutefois repasser par le fameux torrent ;-) avec de bonnes courbatures
: la marche de la veille nous a fait de l'effet. Sur une portion du parcours,
par temps clair, sur le chemin dit "de la Méditerranée",
il est possible, nous a-t-on dit, d'apercevoir... la Méditerranée.
Il s'agit en effet d'une crête. Hélas pour nous, l'horizon était
noyé dans la brume ce jour-là. Toujours plongés dans
les bois, nous continuons notre marche, bercés par le souffle du vent. Au
moment du déjeuner, nous arrivons au point clé de la journée,
les cascades d'Orgon. La première est la plus imposante. Il
est vrai qu'elle est impressionnante, vue de haut. La pente est très
raide mais on se retrouve à l'abri du vent. Nous décidons de
déjeuner en bas, à ses pieds... En fait, après une descente
prudente, nous arrivons à un amas de rochers au milieu desquels le
torrent passe, en prenant une petite pause avant de replonger plus bas. La
cascade est encore plus impressionnante vue d'en bas : elle a l'air de ne
jamais s'arrêter. Après avoir repris des forces au bord de l'eau,
nous continuons notre chemin à flanc de montagne, à travers
les châtaigniers bourgeonnants, sur un lit de feuilles mortes, en rencontrant à
nouveau quelques cours d'eau dégringolant la montagne.
Le vent nous rappelle sa présence par de fortes bourrasques lorsque nous approchons
du refuge. En fait, nous étions restés à l'abri du vent
jusqu'à présent. C'est en changeant de vallée que les
bourrasques ont failli nous emporter, juste avant d'arriver au refuge de Cap-de-Côte.
Quelques centaines de mètres après, poussés par le vent,
nous arrivons à la fin de notre étape. L'ensemble gîte-refuge
est une vielle maison aux murs de pierre qui a été retapée.
Le refuge est super sympa : propre, une énorme cheminée, deux
petites fenêtres, des bougies... Et une énorme porte en bois
qui laisse passer le vent... Les toilettes sont très pittoresques :
situées en dehors du refuge, un peu plus haut, il s'agit d'une petite
cabane sans porte, avec une vue impayable sur la vallée...
Nous passons environ deux heures pour nous approvisionner en bois. Faut dire aussi
que ça réchauffe pas mal, ce genre d'activité.
Tout autour de nous, il y a largement de quoi nous chauffer. La
nuit commence à tomber lentement, et le vent ne faiblit pas. Les
rares nuages défilent à toute vitesse, poussés
par le vent. La lune (presque pleine) se cache derrière
les arbres... Nous calfeutrons tant bien que mal la porte avec
les ponchos et nous nous couchons rapidement. Malgré le
feu, ou du moins les braises, et nos précautions pour éviter
que le vent frais ne s'engouffre dans le refuge, la nuit fut froide
dans les sacs de couchage... En fait, je n'aurais pas dû
garder la tête en dehors du sac, et ne pas dormir par terre, mais
sur un des bancs le long des murs du refuge.
Cap de Côte - L'Esperou
Mardi 5 mai 1998
C'est mon anniversaire !! J'ai pris un an dans les dents... et je me suis gelé toute
la nuit :-)))! Aussitôt réveillé, l'un d'entre nous rallume
le feu et nous apprécions grandement sa chaleur. Après avoir
savouré un bon et chaud petit déjeuner, nous reprenons la route.
Le chemin que nous empruntons pour le retour est très très vert:
nous nous retrouvons au milieu des sapins. Il fait un temps magnifique. Le
vent est toujours là, mais moins fort que la veille. Mais le soleil tape tout
de même.
Pour
preuve, les six nez rouges sont de sortie :-). Nous avons hâte d'arriver
pour récupérer de notre nuit passée "au frais".
Un bon lit tout chaud, c'est ce qu'il nous faut ! Notre parcours est tout
de même relativement ennuyeux sur les derniers kilomètres, puisque,
pour éviter de traverser le fameux torrent pieds nus, nous sommes obligés
de longer la route, qui est peu fréquentée, heureusement. Le
soir, nous retrouvons notre garde forestier et sa fameuse cuisinière
de femme, pour un nouveau repas pantagruélique, certes moins mérité
que le premier au regard de la distance parcourue et des efforts fournis,
mais tout aussi bon ;-).
