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Argentat - Baulieu
Juin 1999
Après notre première nuit de camping, au réveil, désagréable surprise : il pleut... Et les prévisions météo ne sont pas très encourageantes : pluie (un peu), soleil (un peu aussi) et nuages (beaucoup !!) pour les trois à quatre jours à venir... On décide tout de même de partir. Après tout, mouillés pour mouillés... Et puis il est trop tard pour reculer : on n'est pas venu pour rien ! Le camping (que Safaraid nous a indiqué) est situé au même endroit que la base Safaraid, notre point de départ: pratique.
Il est situé peu après Argentat, sur la route de Baulieu, ce qui fait que nous ne passerons donc pas par Argentat même en canot : dommage, car les quais sont forts agréables... Nous n'avons qu'à garer la voiture sur leur parking, à l'entrée du camping et à nous préparer... Avant de partir : séance de remplissage de bidons, et d'optimisation de l'espace : on se rend compte très vite qu'il va nous falloir plus de bidons que prévu : avec la bouffe et les tentes qui prennent pas mal de place, il faudra bien ça. Le type de Safaraid nous explique l'itinéraire, les arrêts, et les quelques endroits délicats
(les rapides). En fait, nous allons les rencontrer très rapidement: il y en a trois, le premier se trouve 300 m après le départ, et les deux autres, se trouvent un peu plus loin avant l'arrivée à Baulieu.
On charge les 2 canots, et vogue la galère, on est partiiiis, sous un
ciel limite menaçant. Le premier rapide est passé sans problème :
quelques secousses sur le vagues, et puis c'est tout. Il faut juste
prendre garde à prendre les vagues de face... En tout cas, rien à
voir avec le Québec. J'ai un peu de mal à manoeuvrer au début, mais
c'est comme le vélo : quelques tours de pédale, et c'est revenu. Le
plus dur, c'est d'être synchro et d'anticiper la trajectoire... Sinon,
on se retrouve coincé sur les rochers, et il mouiller sa chemise pour
dégager le canot :-/
Le rivage est très sauvage. On profite d'une apparition du soleil pour
déjeuner, et faire sécher les tentes, qui n'ont pas pu sécher ce matin,
et tout ce qui a été mouillé au cours des quelques heures passées...
Mais personne n'a chaviré (pour l'instant). On prolonge même la pause
afin d'en profiter au maximum. Nous remettons les canots à l'eau,
et nous descendons tranquillement la rivière, en slalomant
entre les pêcheurs qui se trouvent souvent dans l'eau jusqu'à la taille...
Au rapide suivant, qui n'est indiqué comme particulièrement difficile,
un des deux canots chavire, du fait de clowneries :o) Les bidons
n'étant pas arrimés, nous avons eu peur de tout voir partir...
Mais, finalement, le canot s'est renversé suffisamment vite pour que les
bidons ne soient pas éjectés. Ils sont restés coincés sous le canot
retourné. Le point délicat a été de récupérer le canot, et de le ramener
sur un des deux rives. En fait, comme il n'y a aucune prise ni corde,
nous ne pouvions que le tenir d'une main, et tenter de ramer de l'autre.
Le courant était suffisamment fort pour nous empêcher d'arriver là
où nous voulions. Mais nous avons tout de même réussi à ralentir le
canot suffisamment pour que l'un des deux naufragés nous rattrape
et se mouille à nouveau jusqu'à la poitrine pour nous aider à atteindre
la rive, avec les deux canots. Bilan : un K-Way et une gourde disparus.
Juste le temps de souffler un peu au soleil, nous repartons. Quelques centaines
de mètres après notre départ, nous retrouvons la gourde, flottant
à la surface de l'eau. En revanche, le K-Way est bel et bien perdu.
Nous atteignons assez rapidement le dernier rapide, puis le barrage
juste avant Baulieu. Nous sommes obligés d'accoster sur la gauche
100 m avant le barrage, puis de porter les canots au-delà du barrage,
de les remettre à l'eau, et de traverser la rivière pour rejoindre
l'autre rive, où se trouve le camping des Iles, notre destination
pour ce soir. Une fois les naufragés séchés, et les tentes installées,
nous allons faire un tour dans le vieux quartier de Baulieu
: maisons à colombages, vielles pierres jaunes... Avec la lumière
du soleil couchant, c'est vraiment très chouette !
Après un dîner réparateur (saucisson, pâtes sauce tomate et thon) pour cette
première journée, la fatigue nous tombe dessus... Avant de m'allonger
sous la tente, je vais tout de même faire un petit tour sur le barrage
et sur l'autre rive pour profiter encore un peu de cette chouette
ville de Baulieu et de ses éclairages, sur le bord de la Dordogne
sous les étoiles...
Baulieu - Gluges
Juin 1999
Nous nous levons sous un ciel gris. Rapide petit déjeuner, ravitaillement
au village, puis nous plions les tentes, on enferme le tout dans les
bidons, et nous repartons sur la Dordogne, juste devant un
groupe d'une quinzaine d'anglais, qui ont l'air de maîtriser leur
affaire. Le niveau d'eau a beaucoup monté : les barrages en amont
on donc ouvert les vannes... Le courant est également un peu plus
fort. Tant mieux ! Comme ça, on arrivera plus tôt à notre prochaine
étape, le camping "Les Granges", à 25 km de là... En fait,
on va passer la journée sous la pluie : quelques accalmies, mais pas
un rayon de soleil pour nous chauffer. Donc, pas beaucoup de photos.
A cause du niveau d'eau élevé, nous nous apercevons que que nous risquons
de rencontrer quelques difficultés pour aborder au moment où nous
décidons de nous arrêter pour manger : les plages d'accès sont noyées,
et il devient donc quelque peu difficile de s'arrêter.
C'est vraiment dommage, cette pluie : nous passons sur un petit canal, avant Carennac, pour éviter un barrage : c'est superbe, tout calme... Il ne manque que le soleil. Mais nous sommes à l'abri, avec les arbres qui nous protègent des gouttes. Nous longeons le vieux village après avoir négocié quelques virages à angles droits entre des maisons et un pont :-/... Ensuite, pour rejoindre la Dordogne, portage des canots sur quelques mètres cette fois.
Quelques kilomètre plus loin, toujours sous la pluie, en arrivant à la hauteur du camping "les Granges", surprise : impossible de trouver un endroit pour tirer les canots hors de l'eau... Nous avons tout juste réussi à accoster, mais impossible de sortir les canots : la berge est trop raide et le courant trop fort. Du coup, nous prolongeons notre course d'une dizaine de kilomètres pour arriver à Gluges, en passant le long de falaises : ce doit être très chouette, par beau temps... J'en ai plein le dos, de ramer sous la pluie ! Le camping de Gluges est désert, mais les douches sont ouvertes. Nous nous installons, pendant qu'il ne pleut plus. Mais, quelques temps plus tard, l'averse reprend... Elle s'arrêtera juste pour nous permettre de manger en dehors des tentes. Nos naufragés, qui n'ont pas pu faire sécher leurs affaires, vont commencer à manquer d'habits secs... Nous nous endormons sous une nouvelle averse, en espérant, sans trop y croire, que le soleil fera son apparition le lendemain.
